Dans les discussions qui tournent autour de l’entreprenariat sur internet, je vois souvent apparaître les notions d’esthétisme, de design et de style annoncés comme seuls critères d’un logo professionnel réussi.

Je ne suis pas d’accord, et je vais t’expliquer pourquoi.

Comme j’aime sortir des cases et aller voir ce qui se passe dans d’autres disciplines, j’ai découvert avec enthousiasme qu’une équipe de scientifique s’était penché sur la question du « beau ».

Cette étude a été menée par une équipe de chercheurs de l’University College de Londres. Ces chercheurs ont demandé à 15 mathématiciens d’attribuer une note aux formules mathématiques qu’ils qualifiaient de laides, neutres ou belles. Un peu plus tard, ces mêmes mathématiciens ont subi une IRM fonctionnelle pendant qu’on leur remontrait les formules mathématiques. Et devine quoi ?

Il se trouve que la zone du cerveau qui s’activait à la vue des formules qualifiées de “belles” est également celle qui s’active lorsque nous nous trouvons devant une œuvre d’art (le cerveau émotionnel : le cortex préfrontal). Rien à voir avec l’esthétique.

 

Incroyable n’est-ce pas ?

 

Cette réaction dans le cerveau des mathématiciens aurait-elle été déclenchée par le fait qu’ils comprenaient le sens de ce qu’ils voyaient ?

Car le non-initié ne verrait des formules mathématiques qu’une succession de chiffres et de symboles, de la même manière qu’un amateur d’art figuratif ne verrait rien de signifiant, et donc rien de beau, devant une œuvre abstraite. La perception de la beauté est donc un processus beaucoup plus complexe qu’une histoire de style.

 

Alors c’est quoi la clé de la beauté ?

 

“Les mathématiciens ont l’habitude de croire que c’est la simplicité”, a déclaré Semir Zeki le directeur de cette étude dans Medical Daily. Mais Paul Dirac, un ancien leader de la mécanique quantique et physicien renommé  pense que « la beauté dans les équations mathématiques parle de vérités plus fondamentales, et en effet c’est l’élément de beauté qui confirme en quelque sorte cette vérité “.

 

Quel rapport avec le design graphique me diras-tu ?

 

Ce qui m’a frappé dans cette étude, c’est la réaction du cerveau : elle est identique que vous soyez mathématicien devant une formule mathématique, ou monsieur Tout-le-monde devant une œuvre.

L’élément déclencheur qui fait que l’on va trouver une chose « belle » c’est la perception du sens qui émane de la création, de la formule, ou de toute œuvre de la Nature, ce sont les “vérités” fondamentales dont elle nous parle qui provoque cette réaction du cerveau, comme le dit Paul Dirac à propos des formules mathématiques précédemment.

C’est bien cette réaction du cerveau que je recherche dans mon travail.

 

Chercher à véhiculer du sens, au-delà de l’esthétique.

 

Lorsqu’un client vient me consulter pour la création d’un logo, je m’attache avant tout à cerner le sens qu’il donne à son activité car c’est ce sens là qui va toucher son client à lui. Son identité visuelle va raconter sa vérité fondamentale à lui et qu’il incarne à travers son activité. Cela donnera un logo conçu en adéquation avec ce qui le fait vibrer au quotidien dans son métier.

S’il y a une conclusion que je retiens de cette étude et qui m’inspire au quotidien : c’est bien parce qu’une chose a du sens, qu’elle est belle. Notre cerveau le perçoit, même si nous n’en avons pas conscience.

Et toi, maintenant que tu sais qu’un logo réussi est avant tout un logo qui a du sens, qu’est-ce qui a du sens pour toi ? Qu’est-ce qui te fais vibrer dans ton activité ?

Pour en savoir plus sur l’étude : L’article du Medical Daily